Prélude et fugue en ut majeur (BWV 846)

Le Clavier bien tempéré I

Article général Pour un article plus général, voir Le Clavier bien tempéré.

Prélude et fugue n°1
BWV BWV 846
Le Clavier bien tempéré, livre I (d)
Do majeur
Do majeur
Prélude
Fugue
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(en) Partitions et informations sur IMSLP
(en) Erreur d’expression : mot « bwv » non reconnu..html La fugue jouée et animée (bach.nau.edu)

Le prélude et fugue en ut majeur, BWV 846 est le premier couple de préludes et fugues du premier livre du Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach.


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  tagline = ##f
}

\score {
  \new Staff \with {

  }
<<
  \relative c'' {
    \key c \major
    \time 4/4

     %% INCIPIT CBT I-1, BWV 846, ut majeur
     << { s8*0^\markup{Prélude} \repeat unfold 2 { g'8\rest \repeat unfold 2 { g,16 c e } } } \\ { c,2 c } \\ { \stemDown \repeat unfold 2 { b'16\rest e,8._~ e4 } } >> \bar ".."

     r8^\markup{Fugue} c8 d e f8. g32 f e8 a d, g~ \hideNotes g16

  }
>>
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}
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}


Prélude

Le prélude, noté 4/4, comporte 35 mesures.

Le prélude, tout en arpège, permet de fournir, à des fins expressives, un son continu sur un instrument à cordes. C'est l'expressivité du style brisé des clavecinistes français du XVIIe siècle. Mais si la mélodie portait le principal de l'expression, ici, chez Bach, n'y a pas de mélodie individuelle affirmée, mais une structure harmonique — telles les dissonances des accords de septième (mesures 8 et 16) qui ont une fonction structurelle en donnant l'impulsion au changement de tonalité[1]. Sous ces accords arpégés, Bach cache une harmonie à cinq voix, dans laquelle chaque cellule de quatre mesures constitue une séquence, sauf mesure 21–22 où lors d'un passage chromatique, Bach ramasse à trois mesures la séquence. Schwencke, surpris de cette anomalie métrique, a rajouté une mesure, publiée par une lignée d'éditions au XIXe siècle[2].

Bien que le prélude ne module quasiment jamais, on retrouve cependant tous les douze demi-tons de la gamme chromatique[3],[4].



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upper = \relative c'' {
    \clef treble 
    \key c \major
    \time 4/4
    \tempo 4 = 72 % tempo de Keller
    \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 

   %% PRÉLUDE CBT I-1, BWV 846, ut majeur
   
   \repeat unfold 2 { b8\rest \repeat unfold 2 { g16 c e } }
   \repeat unfold 2 { b8\rest \repeat unfold 2 { a16 d f } }
   \repeat unfold 2 { b,8\rest \repeat unfold 2 { g16 d' f } }
   \repeat unfold 2 { b,8\rest \repeat unfold 2 { g16 c e } }
   \repeat unfold 2 { b8\rest \repeat unfold 2 { a16 e' a } }

}

lower = \relative c' {
    \clef bass 
    \key c \major
    \time 4/4
    \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 

    << { \repeat unfold 2 { b'16\rest e,8.~ e4 } \repeat unfold 4 { b'16\rest d,8.~ d4 } \repeat unfold 4 { b'16\rest e,8.~ e4 } } \\ { \repeat unfold 4 { c2 } \repeat unfold 2 { b2 } \repeat unfold 4 { c2 } } >>
} 

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    \set PianoStaff.instrumentName = #"BWV 846"
    \new Staff = "upper" \upper
    \new Staff = "lower" \lower
  >>
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      \Score
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      \override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/3)
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  }
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Fugue

Caractéristiques
4 voix — 4/4, 27 mes.
⋅ fugue motet
⋅ 24 entrées du sujet
réponse réelle
⋅ 3 divertissements
Procédés
canon, strette, pédale

La fugue à quatre voix, notée 4/4, est longue de 27 mesures.

Le sujet est composé de 14 notes, chiffre bachien par excellence (voyez les 14 canons BWV 1087 ; la quatorzième place dans la société Mizler), égal à la somme des lettres de Bach : 14 (a = 1 ; b = 2 ; c = 3 ; h = 8).

Il est articulé en deux sections, dans un dessin très sûr, partant de la tonique, il atteint la sixte (hexacorde) puis redescend vers la tonique par des double-croches accentuant la force contenue en quelques notes.


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  \new Staff \with {

  }
<<
  \relative c' {
    \key c \major
    \time 4/4

     %% SUJET fugue CBT I-1, BWV 846, ut majeur
     \[ r8 c8 d e f8. g32 f e8 a\]  \[ d, g~ g16 a g f e8 \]
  }
>>
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     \context { \Score \remove "Metronome_mark_engraver" }
  }
  \midi {} 
}

La fugue est nettement articulée en deux sections, coupé (mesure 14) par une cadence en la mineur. Dans l'exposition, chose exceptionnelle, Bach fait se succéder dux-comes-comes-dux (alto, soprano, ténor, basse), ignorant superbement les règles de la fugue d'école — aucune fugue du Clavier bien tempéré d'ailleurs ne s'y pliant tout à fait[5]. Les premiers canons dès la mesure 7, sont à la quinte, à un temps de décalage.

La seconde section commence tout en canons et donne vie au sujet apparemment placide[6], mais sur d'autres degrés : octave, septième, sixte et quarte, avec un décalage plus large, après la quatrième croche du sujet. Les quatre dernières mesures, apaisées, font sonner le sujet sur une pédale de tonique, où pour la première fois, le soprano atteint le do aigu.

Les 24 entrées du sujet tout au long de la fugue, semblent selon les commentateurs, une discrète allusion aux 24 tonalités que parcourt le présent livre[5]. Ce qui explique l'entrée en strette dès la septième mesure pour faire tenir le tout dans une double page. Cette constante présence du sujet et de sa réponse, élimine de fait un contre-sujet stable.

Le sujet démarre sur chaque degré de la gamme : huit fois en tant que dux (sur do) ; neuf fois en tant que comes (sur sol) ; deux fois sur , mi, la ; et une fois sur fa et si[3].



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  tagline = ##f
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DuxNotes = { r8 c8 d e f8. g32 f e8 a d, g~ g16 a g f } 
Dux      = { s8*0-\markup{Dux} \DuxNotes }
Comes    = { s8*0-\markup{Comes} \transpose c g \relative { \DuxNotes } }

upper = \relative c' {
  \clef treble 
  \key c \major
  \time 4/4
  \tempo 4 = 58 % tempo de Keller
  \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 

   %% FUGUE CBT I-1, BWV 846, ut majeur

   << { R1 r2 \transpose c c' { \Comes } b'16 g a b c b c d e d e fis g8 b, | c a d16 c b a g8. g16 f e f g | a g a b c2 b4 | \Dux e8 a~ a16 b a g | f2*1/4 } \\ { \relative c' { \Dux e16 f e d c d c b | a8 fis' g4~ g8 fis16 e fis8 d | g f e d c r8 r8 g'8~ g f16 e f4~ f16 f e8 d4 | c8 f r16 g16 f e f8 d g4~ | g }  } >>

}

lower = \relative c {
  \clef bass 
  \key c \major
  \time 4/4
  \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 
    
   << { R1*3 \Comes b'8 c~ c bes | a d g, c r16 a16 b c d4 | g, \Comes b8 e~ e4*1/2 } \\ { R1*4 r2 \relative c { \Dux e16 f e d c d c b a8 d a' fis | g16 a bes g cis,8 d a'4 e | a16 } } >>
    
} 

\score {
  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #"BWV 846"
    \new Staff = "upper" \upper
    \new Staff = "lower" \lower
  >>
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    \context {
      \Score
      \remove "Metronome_mark_engraver"
      \override SpacingSpanner.common-shortest-duration = #(ly:make-moment 1/2)
    }
  }
  \midi { }
}

Genèse

Le prélude en ut majeur, tel qu'il figure dans le Petit livre de Wilhelm Friedemann Bach (1720–1723). À la mesure 6, Bach abandonne l'écriture développée pour ne copier que les accords à cinq sons (seize autres mesures en accords finissent la pièce à la page suivante).

Le prélude existait dans un état antérieur plus court (23 mesures) qui figure dans une copie de Forkel, où la « mélodie » supérieure n'était pas encore dans son état définitif.

Une autre version (27 mesures) est contenue dans le Clavierbüchlein de Wilhelm Friedemann Bach (no 14, premier prélude).

Pour la version définitive, Bach augmente le texte des deux pédales de dominante et de tonique après la mesure 23[4].

Le sujet primitif de la fugue était rythmé ainsi.



\version "2.18.2"
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  tagline = ##f
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\score {
  \new Staff \with {

  }
<<
  \relative c' {
    \key c \major
    \time 4/4

     %% SUJET fugue CBT I-1, BWV 846, ut majeur
     r8 c8 d e f8 g16 f e8 a d, 
  }
>>
  \layout {
     \context { \Score \remove "Metronome_mark_engraver" }
  }
  \midi {} 
}

Relations

Les notes aiguës des sept premières mesures du prélude (mi, fa, fa, mi, la, ré, sol), constituent les notes essentielles du sujet[4].

Origine

Le prélude de la suite Clio qui ouvre le Musicalischer Parnassus (1738) de Fischer, est très semblable au dessin du prélude de Bach.



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\header {
  tagline = ##f
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upper = \relative c'' {
    \clef treble 
    \key c \major
    \time 3/4
    \tempo 4 = 62 
    \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 

   %% Fischer
   
   << { \repeat unfold 3 { b16\rest g16 e' g, }
   \repeat unfold 3 { b16\rest a16 f' a, }
   \repeat unfold 3 { b16\rest g16 f' g, }
   \repeat unfold 3 { b16\rest g16 e' g, }
   \repeat unfold 3 { b16\rest c16 g' c, }
   } \\ { \repeat unfold 6 { c,4 } \repeat unfold 3 { b } \repeat unfold 7 { c } } >>

}

lower = \relative c {
    \clef bass 
    \key c \major
    \time 3/4
    \set Staff.midiInstrument = #"harpsichord" 

    \repeat unfold 12 { c4 } \repeat unfold 4 { e }
} 

\score {
  \new PianoStaff <<
    \set PianoStaff.instrumentName = #""
    \new Staff = "upper" \upper
    \new Staff = "lower" \lower
  >>
  \layout {
    \context {
      \Score
      \remove "Metronome_mark_engraver"
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    }
  }
  \midi { }
}

Postérité

En 1859, Gounod a arrangé le prélude avec voix de soprano, sur le texte de l’Ave Maria.

Théodore Dubois en a réalisé une version pour piano à quatre mains[7], publiée en 1914.

Bibliographie

  • (en) Hugo Riemann (trad. de l'allemand par John South Shedlock), Analysis of J.S. Bach's Wohltemperirtes clavier [« Katechismus der fugen-komposition »], vol. 1, Londres / New York, Augener & Co. / G. Schirmer, (1re éd. 1890 (de)), 208 p. (lire en ligne)
  • (en) Hugo Riemann (trad. de l'allemand), Analysis of J.S. Bach's Wohltemperirtes clavier [« Katechismus der fugen-komposition »], vol. 2, Londres, Augener & Co., (1re éd. 1891 (de)), 234 p. (lire en ligne)
  • (de) Wanda Landowska, « Über die C dur-Fuge aus dem I. Teil des Wohltemperierte Klaviers », Bach-Jahrbuch/Breitkopf & Härtel, Leipzig, vol. XIV,‎ , p. 53–58 (lire en ligne).
  • (en) Cecil Gray, Forty-Eight Preludes and Fugues of J.S .Bach, Oxford University Press, , 148 p. (OCLC 603425933, lire en ligne [PDF]), p. 28–30.
  • (de) Johann Nepomuk David, Das wohltemperierte Klavier : der Versuch einer Synopsis, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, , 92 p. (OCLC 263601107), p. 13–14.
  • Hermann Keller, Le clavier bien tempéré de Johann Sebastian Bach : l'œuvre, l'interprétation, Paris, Bordas, coll. « Études », (1re éd. 1965(de)), 233 p. (OCLC 373521522, présentation en ligne, lire en ligne [PDF]), p. 65–68
  • François-René Tranchefort (dir.), Guide de la musique de piano et de clavecin, Paris, Fayard, coll. « Les Indispensables de la musique », , 867 p. (ISBN 978-2-213-01639-9, OCLC 17967083, lire en ligne), p. 27.
  • Guy Sacre, La musique pour piano : dictionnaire des compositeurs et des œuvres, vol. I (A-I), Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 2998 p. (ISBN 2-221-05017-7), p. 201–202.
  • (en) David Ledbetter, Bach’s Well-tempered Clavier : the 48 Preludes and Fugues, Yale University Press, , 414 p. (ISBN 0-300-09707-7, OCLC 5559558992), p. 329–332.
  • (en) David Schulenberg, The keyboard music of J.S. Bach, New York, Routledge, , viii–535 p. (ISBN 0415973996, OCLC 63472907, lire en ligne), p. 199–238.

Notes et références

  1. Ledbetter 2002, p. 143.
  2. Keller 1973, p. 46.
  3. a et b David 1962, p. 13.
  4. a b et c Keller 1973, p. 47.
  5. a et b Keller 1973, p. 49.
  6. Sacre 1998, p. 199.
  7. [lire en ligne]

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